Electrifying Mojo
Jacqueline Caux, auteure du documentaire « The Mental Machine, sur les traces d’Electrifying Mojo ». Ce documentaire est une visite de la « Motor City » avec Jeff Mills, Carl Craig et Mike « Mad » Banks (Underground Resistance). Présentation au Centre Pompidou jeudi 14 septembre en présence de Jeff Mills !
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1 The Electifying Mojo, LE DJ de la radio de Detroit, initiateur de la scène, n’avait jamais pu être identifié. Comment avez-vous fait pour le retrouver ?
Je suis allée trois fois à Detroit pour le retrouver et préparer ce film, qui est un « hommage » au « passeur » génial qui a initié l'esprit techno des débuts et que Mike Banks (UR) défend toujours. La première fois, j'ai retrouvé, grâce à un DJ, cette bande audio fabuleuse : « A Book Opera Called The Mental Machine ». La deuxième fois, il y a deux ans, je suis partie en repérages, et là, j'ai passé beaucoup de temps avec Mike Banks, qui, par ailleurs était le seul à toujours être en contact avec Mojo. De retour à Paris, j'ai traduit les 37 poèmes de « The Mental Machine ». Le jour même de mon retour à Detroit, j'ai demandé à Mike Banks de les lui remettre et lui ai dit que, rencontre ou pas, mon film lui serait dédié. A la suite de quoi Mojo m'a appelé, nous nous sommes rencontrés, puis avons mené ces entretiens audio qui font la voix off du film. Mad Mike - qui refuse d'être filmé - m'avait dit : "Si Mojo dit oui, je dirais oui aussi". La veille de mon départ, j'ai pu le filmer de dos dans son studio de Submerge devant une superbe photo des mains de Jeff Mills... J'avais donc les deux protagonistes principaux de mon film : un invisible et un de dos !!! C'était cool pour faire un film !!
2 Quelle est la trame de votre documentaire ?
Ce documentaire rappelle le passé musical de cette ville, depuis le Blues, le Gospel, le Rythm and Blues (Tamla Motown), le jazz, et, bien sûr, la techno... et aussi l'histoire politique de cette ville, défaite après les émeutes de 1967 et par le capitalisme sauvage. Pourtant, c'est là qu'a émergé toute cette première vague de musiciens techno ! Mojo parle de son arrivée dans le Michigan en 1972, à Detroit en 1977, de sa rencontre avec Juan Atkins, Derrick May, la radio WGPR... et dit certains de ses poèmes, tous en relation avec la condition des Afro-américains.
3 Que pensez vous de la scène actuelle de Detroit ?
La scène s'est déplacée, elle est devenue mondiale. Detroit appartient à un univers globalisé. Plusieurs DJs ont quitté la ville : Jeff Mills à Chicago, Richie Hawtin à Berlin, Kevin Saunderson entre Detroit et Londres, pourtant Carl Craig et Mike Banks vivent toujours là et défendent les talents émergents. Ce n'est plus à Detroit même que se passent les choses. Mike Banks dit que les ados de Detroit n'ont plus la chance d'avoir un Mojo qui, tous les soirs, pendant plusieurs heures, passe des musiques qui leur lançaient des défis et confortaient leurs désirs.
Propos recueuilllis par C Vix-Gras
Jacqueline Caux, auteure du documentaire. |
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Dernière modification
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22-03-2007 23:39
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