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Étude disquaires 2005

L'étude suivante est intéressante sur les difficultés des disquaires indépendants électroniques en France. Les détaillants indépendants du disque n'ont pas eu la même chance que les libraires avec le prix unique du livre. Aujourd'hui, être disquaire relève de l'exploit. Rapide tour d'horizon.

     
 
Carte de France des disquaires 2005

Plus de 70 disquaires ont été sondés dans le but d’évaluer le poids économique que représente ces acteurs prépondérants de la scène électronique.

Sous forme de questionnaire, cette étude à aussi mis en valeurs les différentes problématiques rencontrées par les disquaires français. Entre manque de fonds et recul des ventes liées, entre autres, au téléchargement gratuit.

1- Paris et province.

Il existe une forte disparité concernant la présence et la diversité des disquaires entre la capitale et la province. Paris regroupe une vingtaine de disquaires spécialisés là où une ville comme Bordeaux n’en compte que trois.

Lyon est aussi un pôle de musique électronique avec 7 disquaires. Le reste est concentré dans des villes comme Montpellier, Aix, Avignon, Toulouse, Marseille et Perpignan pour le Sud, Lille, Caen pour le Nord, Strasbourg, Mulhouse, Nancy pour l’Est et une forte activité en Bretagne entre Rennes, Nantes et Brest. Le Sud Ouest est la région où la diffusion de musique électronique est la moins développée.


2- En Chiffres.

Tous les disquaires n’ayant pas répondu à l’enquête, les chiffres ne sont pas représentatifs de la globalité de l’économie engendrée par les disquaires spécialisés électroniques en France.

Les chiffres d’affaires peuvent aller de 15 000 € à 500 000 € par an suivant la taille du magasin, son emplacement et ses activités.

La moyenne de chiffre d’affaires pour un disquaire est d’environ 100 000 €

L’économie générée en un an par les disquaires recensés en France représente 2 096 416 €.


3- La multi-activité.

La situation du disquaire dont l’unique activité serait de vendre des disques est révolue.

En effet, les disquaires se tournent aujourd’hui vers la multi-activité, de la vente en ligne à la vente de matériel de sonorisation en passant par le booking ou l’organisation de soirées.

Un disquaire n’allant pas dans ce sens court malheureusement à la perte. C’est le cas de « DJ Disc Import Béziers » qui a fermé cette année et c’est le cas d’une dizaine d’autres disquaires cette même année en France.

Le disquaire parisien « Club News » réalise lui 500 000 € de chiffre d’affaires grâce au développement de plusieurs activités. Cette logique d’entreprise dite de la diversification horizontale permet aux disquaires de multiplier leurs champs d’action. Cela, « Club News » l’a bien compris en étant l’agence de booking de DJs réputés de la scène house parisienne et en organisant des soirées dans des clubs (à but relativement commercial).

D’autres, comme « Soultronik » à Strasbourg, se développent en multi-activité, privilégiant la vente en ligne à la vente en magasin ce qui leur permet de ne plus continuer à payer un loyer de magasin physique.

Il existe aujourd’hui peu de disquaires n’étant pas rattachés à un label ou une structure autre que le magasin en lui-même.

Ces derniers subsistent, résistent mais se voient obligés de développer des réseaux d’organisation de soirées ou la mise en place d’une plate-forme de vente en ligne.


4- Problématiques rencontrées.

a) Le téléchargement.

Ce type de logique fait face à une industrie du disque en perte de vitesse. Cependant les disquaires spécialisés vinyl se sentent moins menacés par cette baisse surtout liée au téléchargement gratuit de titres commerciaux en vente la plupart du temps en cd.

Certains disquaires surtout dans le Sud à Avignon ou à Aix en particulier souffrent de ce téléchargement, enregistrant des baisses considérables. Les clubs autorisant la diffusion de mp3 dans leurs soirées, les DJs ne voient plus l’intérêt d’acheter du vinyl ou même du cd, alors que cette pratique est en théorie interdite par les règlements en vigueur.

Les disquaires qui souffrent de cette situation reconnaissent qu’ils aimeraient plus de contrôles d’institutions comme la Sacem dans les clubs pour réduire les risques d’utilisation de mp3 en soirée.

De plus, des DJs comme David Guetta ou Antoine Clamaran, très médiatisés, jouent la plupart du temps en cds, ce qui ne montre pas l’exemple aux générations de jeunes djs.

b) Encore des conséquences à l’amendement Mariani

Une autre problématique relevée par les disquaires fait suite à l’amendement Mariani sur les free-parties. La baisse de l’activité des free-parties en France a des répercussions sur la vente de disques techno.

En effet, moins de teufs = moins de son = moins de clients pour les disquaires.

Cela s’est surtout ressenti chez les disquaires techno basés en province où les free et les raves constituent l’activité électronique majeure. Les clubs se tournent plus vers un public généraliste à la Britney Spears.

c) Les problèmes de monopole

On constate quand-même que les baisses de vente diminuent en fonction du niveau de spécialisation du disquaire. En effet, plus la structure est spécialisée, plus elle réussit, en conservant son réseau, à passer au travers des fluctuations du marché du disque.

Les réseaux disquaires, ainsi que les labels et distributeurs, électroniques ont réussi à rester en marge de ce marché et ne dépendent pas des majors. Ils ne souffrent pas directement de la crise de l’industrie du disque. L’underground prendrait il sa revanche ?

Les problémes sont cependant internes aux disquaires, et relèvent plus des difficultés de distribution et de monopole de fait formé par quelques disquaires distributeurs.

d) Le manque d’information

Sur les quelques 70 disquaires recensés, seulement 5 dont 3 à Paris sont au courant du FISAC, aide à l’investissement mise en place par le Ministère de la Culture et le Secrètariat à l’Artisanat et aux PME.

Cela met en exergue le manque de communication entre les acteurs de la scène électro et les institutions.

Cette aide de la Fisac est accessible aux P.M.E de la culture depuis quelques années déjà et c’est uniquement l’année dernière qu’un disquaire électro parisien l’a sollicitée et obtenue (Daphonics).

Il est donc nécessaire qu’un médiateur comme Technopol se charge de relayer ce genre d’information, car il est rare que les disquaires, distributeurs ou labels aillent au devant des institutions et inversement.

Étude réalisée par Pierre Bousquet sous la direction de Sophie Bernard & Christophe Vix-Gras.
 
     
       

Dernière modification : 22-03-2007 23:39
 
Contenus : Association Technopol – Graphisme : Marie Heyndrickx – Technique : Antoine Librizzi
 
 
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