PREMIERE | Shonen Bat – Dance Is Resistance [Purple Records]

Shonen Bat est un DJ et producteur originaire du Nord-Est de la France, aujourd’hui installé à Marseille. Nourri par la culture post-internet et les nouvelles technologies, il construit dès ses débuts une identité musicale influencée par les scènes électroniques anglaise et française, avant d’élargir progressivement son spectre pour développer un langage sonore personnel, affranchi des frontières de genre. Sa musique se distingue par une approche transversale et expérimentale, en constante évolution.
Avec Pronoia, son nouvel EP à paraître sur le label PURPLE, Shonen Bat s’inscrit dans une direction artistique plus affirmée et radicale. Ancré dans un contexte politique et culturel marqué, le projet explore des thématiques telles que la répression, la culture free party et les formes de contestation contemporaines.
Parmi les titres phares du projet, le single Dance Is Resistance en incarne pleinement l’esprit. Véritable ode au dancefloor et à la culture club dans toute sa diversité, le morceau puise dans l’esthétique ghettotech popularisée par les scènes house et techno de Detroit et de Chicago. Enrichi d’éléments de breakbeat et de samples issus de la culture soundsystem, Dance Is Resistance se présente comme un titre résolument taillé pour la danse, où la joie et la mélancolie se rencontrent sur des rythmiques chaloupées.
La sortie de Pronoia s’accompagne d’un dispositif artistique global mêlant contenus vidéo, singles et exposition numérique, conçue en collaboration avec le photographe Yann Révillon, prolongeant visuellement les enjeux du projet. L’EP se voit également enrichi de remixes signés Vitaline et Indigo Persona, offrant de nouvelles lectures de son univers sonore. Déjà soutenu par des acteurs majeurs de la scène actuelle, Pronoia fait entrer Shonen Bat dans l’ère des nouveaux représentants d’une musique électronique revendicative et impactante.

 

Pourrais-tu te présenter pour les personnes qui ne te connaissent pas encore ?

Je fais de la musique sous le nom de Shonen Bat depuis une dizaine d’années maintenant. Je suis originaire de Reims, désormais installé à Marseille. Je fais partie du collectif et label La Forge, via lequel je produis la plupart de mes titres. J’ai à mon actif un album, plusieurs EP et pas mal de singles sur des compilations de divers labels indépendants français et internationaux, comme Bad Tips, Egregore, Goddezz ou encore Corrupt Data. On me rattache la plupart du temps à la scène breakbeat / UK bass, mais j’essaie au maximum d’élargir mon spectre musical. Ça peut flirter vers la house ou la techno, comme le titre Garonor que j’ai produit avec JKS, ou plutôt vers l’IDM, la bass music ou l’ambient, comme ceux que l’on va retrouver sur mon album.

 

Comment le projet de ton EP Pronoia est-il né ?

J’avais en tête depuis un bout de temps de sortir un nouvel EP avec une trame et une direction artistique personnelles, le dernier de ce type étant celui sorti en 2019 chez Corrupt Data. Lors de mon arrivée à Marseille, il y a maintenant trois ans, j’ai pris le pouls d’une ville qui carbure à la débrouille et à la création. Ça a été pour moi le catalyseur d’une envie de me lâcher artistiquement. Marseille est une ville où règne un état d’esprit très radical, où l’on aime que les gens s’assument à fond. Du point de vue de mon expérience militante, ça a amorcé un sacré changement. J’ai organisé mes premières teufs, assisté à des manifestives, traîné et joué dans des lieux non conventionnels comme le Meta ou l’Independant Place ; tout cela allait forcément avoir un impact sur ma musique. C’est comme ça que j’ai décidé que cet EP porterait en lui une identité politique très marquée.

 

D’où est partie la collaboration avec le label Purple Records ?

À la base, j’ai connu Purple par le biais de Dju:n, qui venait de signer ma copine Perdu et Retrouvé comme artiste au sein de l’agence. Dès le début, j’ai été séduit par leur DA et leur catalogue, avec ce mélange de bass music, de trance et de ghettotech super qualitatif. J’ai par la suite rejoint le roster, puis on a décidé de travailler ensemble sur Pronoia.

 

Peux-tu nous parler du processus de production ?

J’ai énormément recours au sampling. Je suis très attaché à cette culture, car c’est celle avec laquelle j’ai grandi. J’ai accumulé une bibliothèque de samples assez dense, ce qui fait que je ressens rarement le besoin de m’en procurer de nouveaux. Je farfouille dans ce grand bazar sans toujours savoir à l’avance ce que je vais y trouver ; j’adore me laisser surprendre. D’autres fois, je peux avoir des idées et des envies plus précises ; dans ce cas, je vais récupérer des extraits de vidéos, films, séries, jeux vidéo, ou des samples issus du catalogue de la BBC ou de la Warner. Sur le premier titre, par exemple, je voulais absolument faire figurer la voix de la militante anarchiste Emma Goldman ; j’ai donc rippé un bout d’une interview sur YouTube. On peut vite se retrouver avec des samples un peu dégueulasses, mais ça fait partie du jeu. J’utilise énormément de boucles de breakbeat et de jungle, que je retravaille grâce à la fonction Warp d’Ableton, en faisant beaucoup de copier-coller et de modifications, dans le but d’apporter le plus de variations rythmiques possible. Sur la majorité de mes projets, j’attache une grande importance au mélange des genres, tout en apportant un maximum de cohérence à mon travail. Les trois titres de Pronoia sont liés par une vision et un propos communs, mais s’expriment dans des styles très différents. Les remixes de Vitaline et Indigo Persona viennent apporter une touche supplémentaire de diversité au tableau.

 

Que souhaites-tu raconter à travers la track Dance Is Resistance qui sort aujourd’hui sur Technopol ?

Le premier track de l’EP porte le nom d’Emma Goldman, qui a déclaré un jour : « Si je ne peux pas danser, je ne veux pas de votre révolution. » Dance Is Resistance étant le deuxième track, j’aimais beaucoup l’idée d’apporter un lien entre les titres des deux morceaux. On peut aussi y voir un petit clin d’œil dans le rétro aux années Covid, quand ils nous cassaient les pieds à nous interdire de danser partout (rires). Il y a dans ce son une vibe club bien nostalgique, avec des éléments de breakbeat, un petit côté French Touch dans les synthés et un style inspiré de l’esthétique ghettotech de Detroit et de Chicago. C’est un petit voyage dans le temps et l’espace. Je suis content de dévoiler celui-ci en premier, car il donne une bonne idée globale de l’ambiance de l’EP et un aperçu de sa trame narrative, tout en réservant un maximum de surprises.

 

 

Que prévoyez-vous pour la suite concernant la mise en avant de Pronoia ?

J’ai encore pas mal de contenu qui arrive sur mon compte Instagram avant la sortie pour teaser un peu plus le projet, notamment de la vidéo, mais pas uniquement. Pour celleux qui ont manqué l’info, on a lancé le site http://pronoia.digital
qui consiste en une expo photo virtuelle avec les tirages réalisés par mon pote Yann Révillon pour l’EP, et via lequel vous pouvez également écouter un extrait de chacun des morceaux. C’est aussi lui qui a fait la pochette, qu’on vous dévoilera dans les jours à venir. La sortie de l’EP, le 13 février, sera accompagnée d’une release party, qui se déroulera le soir même dans un lieu très emblématique des nuits parisiennes. Vous aurez l’info en temps voulu, stay tuned !

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