PREMIERE | Soul Edifice – eyes of the far shore [Tripalium Records]

Soul Edifice est un DJ et producteur basé à Paris. Acteur impliqué dans la promotion des breaks et de la culture rave britannique, il développe, en studio comme derrière le booth, un univers qui puise autant dans l’héritage que dans l’énergie contemporaine.

Il sortira le 6 mars, son premier album «life on repeat » sur le label Tripalium, un projet façonné par des années d’expérimentation, d’écoute et d’exploration sonore. Un récit intime qui rend hommage à ses proches et qui puise dans son large éventail d’influences allant de l’abstract hip-hop au trip-hop et à la trap tout en restant fidèle aux esthétiques breakées et acid de ses précédentes sorties.

 

Hello Soul Edifice, est-ce que tu pourrais te présenter pour les personnes qui ne te connaissent pas encore ?

Hello Technopol, merci de prendre le temps de parler un peu de mon premier album 🙂 Moi c’est Théo, aka Soul Edifice, et ça fait un moment que je produis de la musique. Je suis plutôt dans les vibes break, bass, trip hop, abstract… mais j’aime aussi mixer plein de trucs très club. Avec cet album, j’ai voulu rassembler un peu tout ça et montrer un peu qui je suis, quelles sont mes influences – humaines et musicales.

 

Comment le projet « life on repeat » est-il né ? Pourquoi lui avoir donné ce nom ?

Le projet life on repeat, ça fait des années que j’y pense. Je suis vraiment un grand fan d’albums. Je trouve que c’est vraiment une manière unique pour un artiste de présenter son univers. J’en ai acheté pas mal en vinyles, mes favoris. Ceux qui sont vraiment pensés pour être écoutés du premier au dernier morceau, avec une fluidité rare. J’ai toujours voulu bosser sur un album dans cet esprit-là. Du coup, j’ai produit plus d’une cinquantaine de morceaux avant de faire le tri. J’avais une ligne directrice : explorer. J’ai pioché dans toutes mes références, peu importe lesquelles. J’ai essayé de les utiliser de la manière la plus respectueuse, la plus intime. Au final j’ai gardé c’est ce qui me paraissait le plus cohérent et le plus représentatif de ce que je veux vraiment partager.

life on repeat c’est un peu le sentiment que j’ai de ce monde. Tout est très cyclique, que ce soit dans la mode, le design, la musique ou la création au sens plus large (qui aurait misé sur le retour de la tecktonik 😂). Je pense que y’a un côté rassurant dans les cycles, la nostalgie s’en alimente, l’espoir aussi.

 

Tu décris ton album comme un hommage à tes proches. Comment ton entourage a-t-il influencé ton rapport au son avant même que tu fasses de la musique ?

La musique a toujours été partout dans ma vie. Mon père en écoutait tout le temps quand j’étais gamin. Il avait une vraie culture de la HiFi, des vinyles, de la radio… Franchement, je ne me souviens pas d’un seul jour sans musique à la maison. On écoutait FIP, et leur programmation… c’était juste incroyable, une qualité et une diversité rares. Naturellement, on parlait beaucoup de musique. Les discussions tournaient autour du son, des groupes, des producteur.rices, des ingés son … Pour vous dire, ma sœur et mon frère ont forcément attrapé ce truc, cette sensibilité musicale et artistique, même s’ils n’en n’ont pas fait leur métier.

 

Depuis quand travailles-tu sur ce projet ? Comment se passe le processus de production ?

Je pense que c’est le travail de plusieurs années. On expérimente. On se loupe. On recommence. On affine. Tout devient une idée, des idées. On vit dans une bulle où l’on se met à tout analyser, où tout est source d’inspiration possible. On se réveille au milieu de la nuit pour noter une idée qui vient d’apparaître. On s’arrête dans la rue pour chantonner une mélodie dans ses notes vocales. Tout ça constitue une base de travail. En parallèle, ton cerveau organise et synthétise tout ça. À l’issue de cette phase, je lance plein de morceaux en simultané. Je les développe et je reviens – ou non – sur les uns et les autres quand j’ai de nouvelles idées. C’est difficile de parler de son processus de production en vrai. Ah oui pour celui là j’ai samplé beaucoup de choses différentes, c’était ça ma guideline.

 

Peux-tu nous dire un mot sur la track eyes of the far shore qui sort aujourd’hui sur Technopol ?

« eyes of the far shore » , c’est une référence à un jeu vidéo qui s’appelle Tunic. Pendant que je terminais l’album, j’y ai beaucoup joué. C’était une vraie échappatoire quand je me sentais un peu perdu dans le processus. C’est un jeu assez fou : pour avancer, tu dois quasiment apprendre une nouvelle langue, décrypter, observer, accepter de ne pas tout comprendre tout de suite. Il y a quelque chose de très intuitif et mystérieux dans l’expérience. À sa manière, ça faisait écho à ce que je vivais avec l’album. Cette idée d’exploration, de patience, de persévérance. J’ai eu envie de lui rendre hommage à travers ce titre, comme un clin d’œil à cette période-là.

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