PREMIERE | Double Dash – Gradius

Né en 2021 de l’union de deux DJ grenoblois (Hokuto et Bercail), le duo Double Dash, résident du collectif Infrason, s’est formé autour de leurs passions communes : le clubbing et les bandes originales oubliées de jeux vidéos. Leur quête principale : composer des sets intenses, où les sonorités trance tutoient les Hadoken, les basslines acid glissent dans le tube et les mélodies 8 bits arrivent comme des carapaces bleues.

Tutoriel est le premier EP de Double Dash, après 2 ans de dev et beta-test, sublimées entre acid, house, break, trance et 8bit. 5 tracks tantôt goofy, tantôt épiques, toujours animées du même délire et de la même passion. Une seule mission : faire danser sur des sonorités empreintes de la nostalgie des années 90.

 

Pour celles et ceux qui vous découvrent, pouvez-vous vous présenter ?

On est Double Dash, un duo formé par Bercail et Hokuto. Le projet est né en 2021, assez timidement, mais avec une idée assez claire : questionner ce qu’on sample et ce qu’on oublie en musiques électroniques. On pioche toutes et tous sans problème dans la soul, les edits des années 2000 ou même des génériques cultes comme X-Files… mais étrangement, les bandes-son et esthétiques des jeux vidéo sont rarement explorées et exploitées alors qu’elles sont une part importante de la nostalgie de nos jeunes années et de la création musicale.

En diguant on s’est rendu compte qu’il y a une mine d’or absolument immense de compositions plus incroyables les unes que les autres, dans des esthétiques 8 bit ou 16 bit résolument électroniques. On a donc décidé d’essayer de moderniser ça pour le rendre plus dansant sur sound system.

 

Comment est-ce que vous vous êtes rencontrés ? À quel moment le choix du duo est-il devenu un projet musical à part entière plutôt qu’une simple collaboration ?

À la base j’avais (Hokuto) envie depuis très longtemps de monter un projet mêlant musique et jeux vidéos, mais je n’avais pas spécialement la volonté de le faire seul. Pour un événement grenoblois Bercail, que je connaissais un peu, a joué un set très marqué acid avec les lignes mélodiques 8 bit : ça a été un coup de cœur immédiat.

À cette époque je gérais le collectif grenoblois Infrason et j’avais une résidence dans une salle de la région l’Ampérage. On a énormément travaillé pour ce set de 2h30, où pour la première fois on mêlait nos influences respectives avec comme ligne directrice d’intégrer de multiples OST comme si elles avaient étés produites par nos DJ préférés.

Le set s’est super bien passé, autant sur le dancefloor qu’entre nous, le coup de cœur était réciproque. C’est à ce moment-là que la collaboration est devenue un projet à part entière, sous un nom commun : Double Dash

 

Votre premier EP sort le 27 février. Comment avez-vous pensé ce projet pour qu’il reflète à la fois votre identité commune et vos influences personnelles ?

Ça n’ a pas été facile dès le début ! L’univers de Bercail étant plutôt sur des influences breaks, bass jungle et celui d’Hokuto plutôt house et groove, il a fallu qu’on se cherche un peu.

Mais à force de faire des sets ensemble, de produire côte à côte, et aussi de passer beaucoup de temps hors studio autour de jeux vidéo (parce que c’est clairement ce qui nous lie à la base), on a fini par doucement laisser nos influences individuelles pour se créer une identité commune.

Le déclic à justement été avec Gradius que nous avons quasiment terminé en une nuit blanche. Sans vraiment se concerter, on savait exactement dans quelle direction aller, ce qu’on attendait du morceau et ce qu’on voulait raconter ensemble.

 

Est-ce que vous avez décidé d’une direction artistique claire dès le départ ou est-ce qu’elle s’est dessinée au fil de l’eau ?

Ça s’est vraiment affiné au fil des années ! On avait une seule base originelle : celle de remettre en lumière des OST de jeux vidéos oubliées. Donc les premiers essais sont partis dans tous les registres : micro, breakbeat, jungle,.. pour des résultats plus ou moins écoutables ahah

À force de bidouiller des VST (big up à Arturia) et des drums, on a trouvé la base commune de nos productions : des basslines d’inspiration UKG, des lignes acides et mélodies 8 bit prépondérantes, des drums assez sèches, du sampling des jeux originels et des pads plutôt trancy.

 

Comment se passe la production à deux concrètement ?

La contrainte principale c’est qu’on on n’habite plus dans la même ville.

Ça a ses avantages et ses inconvénients, il y a moins de place à l’instinct, ou à la bonne idée qui émerge un soir, qu’on veut bidouiller directement.

Du coup, on parle énormément. On s’envoie des idées, des bouts de tracks, des références, on discute longtemps de ce qu’on a envie de faire avant même d’ouvrir un logiciel. Avec le temps, on a appris à transformer cette contrainte en quelque chose de positif : c’est peut-être moins spontané, mais plus posé, plus réfléchi, ça nous aide à rester fidèles à l’identité du projet.

De plus, du fait de la distance entre nous, on prévoit nos sessions de production comme de petites résidences. On se voit plusieurs jours, on a une to do list claire et on prend le temps de s’immerger pleinement dans notre musique.

 

On sort aujourd’hui la track Gradius. Pouvez-vous nous en dire un mot ?

Gradius rend hommage au jeu éponyme sorti en 1985 sur arcade puis en 86 sur NES. Dans le morceau nous avons emprunté quelques segments de l’OST du premier niveau que nous avons redésigné et sur lesquels nous avons composé le reste de la track tel qu’elle est aujourd’hui.

Comme on le disait, c’est la track qui a un peu marqué notre projet. Nous en avons créé 70% de ce qu’elle est aujourd’hui en une nuit blanche très inspirée, accompagnée de quelques bières et cafés. Elle nous a fait réaliser qu’à la fois on avait bien progressé dans la production, et surtout qu’on avait vraiment trouvé notre ADN musical.

 

Et pour la suite ?

Déjà nous intégrons l’agence Club Eterno et nous en sommes super contents. On remercie grandement cette équipe de choux de nous accorder leur confiance pour aller de l’avant avec notre duo !

Ensuite à court terme il y a bien sûr la volonté de produire d’autres tracks, nous avons déjà quelques touches avec des labels et pas mal d’idées pour les prochains morceaux. Il ne reste plus qu’à ne pas procrastiner la manette à la main.

Et notre projet long terme, notre goal et rêve, serait d’avoir un live machine complet. Une grande partie de nos inspirations ont des lives ou sont des projets 100% live (Ceephax Acid Crew, DMX Krew, Ayu Acid) et c’est pour nous deux un réel objectif. On a déjà plein d’idées pour le rendre plus dynamique en y ajoutant des GameBoys transformés ou des manettes de Xbox à l’image de Ouais Stéphane.

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