XRDS Festival : quand le club Fuse étend son terrain de jeu
La route vers un bon événement n’est jamais très loin mais pas toujours facile à trouver. Heureusement, Technopol vous indique le chemin. Des présentations au concept, en passant par la programmation et ce jusqu’au public : tout pour savoir où vous mettez les pieds. Bienvenue dans notre focus événement.
Cela fait bien longtemps que la Belgique occupe une position à part dans le paysage des musiques électroniques en Europe. Berceau de courants majeurs comme le New Beat ou l’EBM, elle a contribué à faire émerger des esthétiques qui continuent encore à influencer la scène aujourd’hui. À Bruxelles, cette histoire s’incarne dans une scène vivante et indocile. Capitale aux aspérités assumées, la ville s’est construite comme un terrain d’expérimentation, porté par des lieux devenus emblématiques. Parmi eux, le Fuse, ouvert en 1994, a traversé les époques sans jamais perdre de sa pertinence, formant au passage des générations entières à la culture électronique.
Au fil des décennies, le club s’est imposé comme un bastion de la scène techno. Né à l’aube de l’expansion mondiale de la scène de Detroit dans les années 90, le Fuse a su défendre une vision exigeante et sans compromis de la musique électronique avec une programmation aussi pointue qu’éclectique.
Lorsque le club lance son propre festival, les attentes sont donc à la hauteur de son héritage. Avec XRDS (qu’on prononce d’ailleurs Crossroads), le pari est relevé : le festival est aujourd’hui une référence sur la scène européenne, tant par son cadre que par sa programmation. Le festival apparaît comme une extension naturelle du club, fédérant une communauté de passionné·es et cultivant un goût affirmé pour la découverte musicale.

Installé au cœur du Vijverspark, le festival déploie ses scènes dans un environnement singulier, entre nature luxuriante et structures de béton brut. La scénographie, conçue par Stan Vrebos et son équipe, pense les scènes comme des environnements uniques permettant d’amplifier à la fois le son et le mouvement à travers une approche créative circulaire. Chaque structure est entièrement réalisée à partir de matériaux recyclés qui sont ensuite réemployés post festival. Cette année, on pourra observer un gros changement sur la scène The Bridge qui bénéficiera d’une transformation complète en matière de son, lumière et design, se muant en une expérience 360°. Installée sous les ponts aux côtés de Viaduct, elle contraste avec la scène Outskirt qui, nichée sous les arbres, offre une immersion plus organique. C’est d’ailleurs la scène qu’on a préféré l’année dernière et où on a vécu l’un de nos meilleurs closing de festival avec la boss Helena Hauff aux platines bien entendu.

Fidèle à son ADN, le festival réunit chaque année figures de l’underground belge et artistes internationaux, entre live sets et back-to-back exclusifs. Autre point fort qu’on avait vraiment apprécié l’année dernière : les formats longs qui permettent une véritable immersion dans les performances, loin de la frustration habituelle des festivals où tout s’enchaîne trop vite.
Parmi les artistes attendus cette année, Ben UFO s’impose comme une évidence. Véritable mentaliste du dancefloor, il est reconnu pour la précision de ses sélections et sa capacité à naviguer entre techno, bass, house, dubstep, jungle ou UK garage, dans une approche à la fois érudite et instinctive. Co-fondateur du label Hessle Audio aux côtés de Pearson Sound et Pangaea, il a largement contribué à façonner le paysage électronique d’aujourd’hui.
Autre figure incontournable, Goldie, pionnier de la jungle et du breakbeat, dont l’influence sur les années 90 reste déterminante.
On aimerait également citer, Andy Martin, artiste mexico-jamaïcain, qui déploie une techno sci-fi nourrie de sonorités latino-caribéennes et d’esthétiques futuristes, dont on vous conseille de poncer les productions.
Le live de Roza Terenzi, artiste australienne basée à Berlin, sera également l’un des moments forts du festival. Figure de la scène underground internationale, elle navigue avec liberté entre breakbeats, grooves trippy et trance psychédélique. Donato Dozzy fera quant à lui son retour, après son live très remarqué l’an dernier pour son projet en duo Voices From The Lake.
Le festival mise également sur des back-to-back inédits, signature de sa programmation. On ne manquera pas les rencontres entre Mia Koden & Mantra ou D. Dan & Philippa Pacho.
Enfin, XRDS accorde une place essentielle à la scène locale bruxelloise. Entre résidents du Fuse et talents émergents comme Fais le Beau, fondateur des soirées LGBTQIA+ Gay Haze, Kuba’97 et ses sets hypnotiques, Su:zy, Phara, ou encore Azo, Clara D et Ina Kaysen, la vitalité de la scène locale s’y exprime pleinement.
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Pour finir, le festival prolongera les festivités d’une heure supplémentaire, finissant cette année à 1h ou lieu de minuit. L’occasion de vivre l’expérience du XRDS dans sa version nocturne, sublimée par le travail de Dreamplant pour le système lumière.
Les plus motivé·es pourront ensuite poursuivre au Fuse le vendredi et samedi pour les deux afters officiels du festival.
Vous l’aurez compris, XRDS s’impose comme un rendez-vous incontournable pour les amateur·rices de musiques électroniques.
Rendez-vous les vendredi 14 et samedi 15 août, de 13h à 1h, au Parc des Étangs (Vijverspark) à Bruxelles, avec des afterparties au Fuse les deux soirs.