Retour sur Amapola 2022 : des pâquerettes plein les yeux

Moment de trans ultime, plus aucune notion du temps, le corps synchro sur le tempo, l’esprit en voyage dans une autre galaxie et les yeux rivés sur les strobo. Comment les artistes et les organisateur·rice·s nous font vivre ce climax digne d’un film ? Notre rédaction s’attèle pour vous à la tâche de retranscrire leurs meilleures soirées sans omettre aucun détail.

En juillet dernier, la forêt de Rambouillet accueillait un tout jeune festival âgé de deux ans nommé Amapola. Une rédactrice Technopol était présente lors de ces trois jours et a pu échanger avec le collectif organisateur, les habitant·e·s du camping et quelques artistes : Kabylie Minogue, Walter Astral, Quasar & Sorun, Domi et IAMBP. Après avoir été séduite par la première édition, elle retenta l’expérience afin d’en savoir davantage sur les efforts mis en place par le collectif. Ce deuxième volet, organisé du 29 au 31 juillet à Gazeran (78), fut une réussite : ambiance familiale et bienveillante, reportages animaliers à 2h du matin, offre de plats végé aussi gourmande que les sélections musicales des artistes, atelier de fabrication de contraception masculine et (beaucoup) de bières locales.

Depuis l’année dernière, les petites graines semées par le collectif ont donné de jolies fleurs et quelques améliorations ont vu le jour : la scénographie cosmique et fleurie, la richesse des ateliers, la mise en avant du spectacle vivant et les talents émergent·e·s de la programmation. Cette année, Amapola accueillait environ 1000 festivalier·e·s dont la plupart étaient déjà au rendez-vous l’année dernière. Après un premier échange avec la fondatrice Sylvia, nous allons revenir sur les actions concrètes mises en place par ce festival féministe et éco-responsable !

FÉMINISME

Se revendiquant fièrement féministe, l’équipe du festival met ce combat au centre de l’événement. Les artistes interviewé·e·s mènent également ce combat et ont salué les initiatives mises en place : programmation paritaire, ateliers de sensibilisation sur le féminisme, le consentement et stand de prévention.

  • Programmation paritaire : Engagée pour la place des femmes dans la musique, Sylvia tenait à ce que la programmation soit totalement paritaire. Résultat : une ribambelle de filles qui ont assuré derrière les platines du warm-up au closing, avec un micro ou un manche de basse à la main. Côté musiques électroniques deux collectifs de femmes parisiens étaient invités : les étoiles diggeuses du Venus Club et Ra+re, un des premiers collectifs féminins parisiens. On se souvient du closing du vendredi soir de IAMBP et DOMI en B2B qui ont fait trembler toutes les branches de la forêt à coup de techno, break, electro et tech house. Samedi soir, Amapola a également convié deux représentantes de collectifs parisiens afin de nous transporter dans un univers entre acid, hip-hop et minimal : voyage assuré par Cess de CLACLACLAC puis Ines Mbrk de Mic Mac.
  • Ateliers de sensibilitation : En tant que collectif féministe, Amapola a voulu favoriser le débat et engager les discussions entre associations. Coup de cœur pour les ateliers de fabrication de contraception masculine par Otoko qui ont convaincu de nombreux curieux.
  • Spectacle vivant engagé : Non loin des food-trucks, se tenait une petite scène aux allures de théâtre intimiste. Sur les planches se succèdaient de nombreuses performances allant du stand-up au cabaret drag Bad Biches en passant par des pièces de théâtre. Une belle manière de compléter la programmation musicale d’un festival et de militer à travers les arts.

©Lyli Delanuit

ECOLOGIE

L’écologie est également un des combats qu’Amapola mène fièrement. Que ce soit en amont ou pendant l’événement, tous.tes les coquelicot.es du collectif ont initié de belles actions pour sensibiliser le public et réduire son impact écologique. Avant de festoyer et danser parmi les buissons, les festivalier.es devaient signer la charte de coquelicot afin d’être en phase avec les valeurs du collectif : une démarche essentielle pour instaurer bienveillance et respect. Voici quelques exemples concrets d’actions entreprises par Amapola :

  • Bannir le plastique du festival : Signataire de la charte “Drastic on Plastic” qui accompagne les festivals musicaux afin de devenir des événements “zéro plastique”
  • Recycler les déchets ou les rendre à la terre : En étant partenaire de la Fermette de l’Artoire à Rambouillet, Amapola a pu valoriser les déchets organiques en compost ou pour nourrir les animaux. Autrement, tous les déchets des emballages en cartons aux mégots étaient recyclés.
  • Réutiliser : À travers le choix des matériaux qui servaient à la scénographie, en utilisant du matériel de seconde main et en invitant les festivaliers à apporter son ecocup afin d’éviter la fabrication de 1000 gobelets.
  • Restauration 100 % végé : Les 4 food trucks présents au festival ont réussi à régaler tous.tes les kickeur.euses fatigué.es du festival avec des puccias bien gourmandes, des buns moelleux et des salades à tomber. Des restaurateurs.rices venu.es d’Ile de France dont la mythique Tofuterie, fabricant de tofu français qui est revenue satisfaire ses fans de l’année dernière.
  • Ateliers de sensibilisations : Ces ateliers permettaient aux festivalier.es de commencer les festivités en discutant avec de nombreuses associations sur l’écologie, le climat et la préservation des animaux. Coup de cœur pour la diffusion de reportages animaliers qui nous a ému à 2h du matin entre deux sets.

©Lyli Delanuit

MUSIQUE

En plus d’être paritaire, la programmation a révélé de nombreux talents musicaux du breakbeat à la techno en passant par le rock psyché. Nos coups de cœur : Le set saveur breakbeat de Massaï, le B2B de Quasar et Sorun et leur amour pour la fusion musiques ougandaises, maloya et breakbeat. Ce duo passionné.es par les sonorités africaines et les rythmes breakés nous a fait winer et bouncer samedi après-midi. Nous espérons les voir bientôt pour de nouveaux moments de danses endiablés ! L’enchaînement du vendredi soir Kabylie Minogue et leur mélange entre la chaleur des musiques kabyles et la froideur des hangars techno puis EG qui a brièvement pris la relève avec sa maîtrise des transitions, son assurance derrière les platines et ses sélections aux milles nuances de House. Nous gardons également un bon souvenir de deux duos : les deux druides musiciens de Walter Astral et leur rock psyché méditatif et le duo Ojos et leur énergie débordante alliant sonorités pop, R&B et reggaeton. Le public a apprécié son passage dans les ténèbres de la fête avec les sonorités synthwave et dark disco de DoppelHandel.

Au niveau des collectifs : Venus Club dont le B2B des deux copines Domi et IAMPB nous a mené dans une autre galaxy et les trois camarades de Figurative Records qui ont fédéré toute une foule autour de classiques dance, disco et house. La micro et la minimale étaient à l’honneur avec un after micro roumaine aux manettes d’Oswald de Radio Cargo. Venard et Namur représentaient le gang des abonnés de la teuf Beau Mot Blage avec des sélections pointues entre minimal, acid house et breakbeat.

Tous.tes ces artistes ont eu la chance de mixer au beau milieu d’une scénographie associant planètes néons, cascades fleuries ou même coucher de soleil. (Scénographie par : Olivia dlb, Charles Roland Gosselin, Fanny et Brouce)

©Lyli Delanuit

CONCLUSION

3 jours de fête folle, safe et ludique ! Nous repartons avec plein d’idées, des découvertes musicales, des recettes végé et de belles rencontres ! Nous revenons l’année prochaine avec notre éco cup !

 

©Lyli Delanuit

Article écrit par Constance Bidaut


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