Technopol Mix 070 | Gabbor

DJ et jeune producteur, Gabbor s’inspire des sonorités de la Trance pour construire des univers solaires ou plus introspectifs. A travers la Progressive, la Techno et la Goa, ses sets sont teintés de titres colorés, captivants et rebondissants.

Directeur Artistique polymorphe pour le collectif Kluster et le collectif BAE Party, Gabbor vise à créer des espaces saf(er) en utilisant l’art comme médium de sensibilisation et d’expérimentation.

 

Quelle est l’histoire derrière ton nom d’artiste ?

Mon nom de scène est lié à l’origine de ma carrière artistique. Je mixais depuis 1 an dans ma chambre car je m’étais offert la fameuse DDJ 400 pour mon anniversaire et en partant faire mon Erasmus à Budapest, j’ai rencontré une personne en charge de la programmation de plusieurs clubs qui m’a donné une chance et c’est là que tout a commencé. À ce moment, j’avais une semaine pour choisir un nom d’artiste, j’ai paniqué et j’ai choisi JAK sans vraiment me sentir connecté à cet alias. Puis pendant le confinement, avec des copines après 2 heures de brainstorming vraiment hilarant, je me suis dis que je voulais lier mon nom d’artiste à ce souvenir précieux de Budapest. Mon deuxième prénom en hongrois est Gabor donc c’est comme ça qu’on en est arrivé à Gabbor.

 

Pourrais-tu nous parler un peu du contexte dans lequel tu as créé ce podcast ? Y avait-il des émotions spécifiques que tu voulais transmettre ?

En ce moment j’aime beaucoup poser une intention avant d’enregistrer un podcast, pour celui-ci je suis reconnaissant d’être entouré par des personnes si inspirantes et bienveillantes. J’aime aussi réfléchir à la meilleure façon de faire du care à travers ma musique et stimuler notre système émotionnel. Je me balade entre des univers solaires et festifs qui visent à être partagés en communauté et des atmosphères plus mentales et introspectives qui bercent l’esprit.

 

Si tu devais changer ou améliorer quelque chose sur notre scène, qu’est-ce que ce serait ?

Mon plus grand rêve est de rendre la scène des fêtes dominicales plus développée. Mes meilleures expériences de fêtes sont celles qui sont en journée. C’est quand même dingue de pouvoir danser pendant une journée entière sans avoir à se soucier du manque de sommeil le lundi et prendre autant de plaisir voire plus que la nuit. Je conseille à tout le monde de faire une Gloria au moins une fois dans sa vie et vous comprendrez (fête du dimanche au Macadam à Nantes). Mon ressenti est que les personnes sont plus conscientes, plus bienveillantes et me font me sentir bien plus en sécurité.

Quand mon rythme de sommeil est décalé après un gig de nuit, je sens que je dois redoubler d’efforts pour me reconnecter avec mon art et mon esprit et donc pour préserver ma santé mentale. J’essaie de privilégier les fêtes de jour même si la réalité du métier fait que ce n’est pas si facile.

 

Que penses-tu de la nouvelle scène électronique qui apparaît aujourd’hui ?

La nouvelle scène électronique est pour moi plus transdisciplinaire et expérimentale sur le côté artistique et humain, plus bienveillante et éveillée (même s’il y a encore BEAUCOUP de chemin à faire). Je remarque que les personnes sont de plus en plus en recherche d’expériences humaines complètes et stimulantes plutôt qu’uniquement écouter de la musique. La proposition d’événements musicaux est tellement grande que les personnes sont de plus en plus attirées par des soirées plus alternatives auxquelles on ne s’attend pas et dans lesquelles le public est acteur principal du bon déroulé. C’est aussi pour cela que j’ai rejoint le collectif Kluster, car l’envie est de proposer des expériences multi-disciplinaires uniques et surprenantes en investissant l’ensemble des espaces de fêtes disponibles à travers des performances, des espaces de communautés et d’introspection et des scénographies immersives.

 

Plutôt festival ou club ? Pourquoi ?

Clairement festival. L’énergie des festivals (en tout cas ceux qui sont les plus intimistes) est vraiment spéciale. Ce grand rassemblement de personnes aux individualités variées et préférablement sensibilisées crée des synergies que l’on ne vit nulle part ailleurs. C’est dans ce condensé d’expériences et de moments de vie que des connexions humaines fortes se développent et des collaborations artistiques se forment. Le fait d’être loin de notre environnement de vie et pendant un temps plus long rend la déconnexion plus facile. De plus, sur un dancefloor de festival, l’énergie du public est beaucoup plus communicative et transparente et c’est sur ces scènes que j’ai vécu les moments artistiques les plus riches et inspirants (Wink Wink Pic du son <3).

 

En tant qu’artiste, comment souhaites-tu évoluer dans les années à venir ? Y a-t-il un nouveau moyen d’expression artistique que tu aimerais utiliser ?

J’aimerais commencer à ouvrir mon art à d’autres pratiques. Composer et jouer pour des expositions alternatives d’artistes auxquelles je me sens connecté, créer la bande son de spectacles vivants immersifs et expérimentaux, sonoriser des installations ou des espaces. Recherchant le lien entre système émotionnel et musicalité, je m’intéresse de plus en plus à la création de sonorités qui activent certaines sensations et réflexions et j’aimerais beaucoup utiliser cette pratique pour rendre des œuvres plus multi-sensorielles.

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